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Zoé Simpson : « J’étais en train de passer à côté de ma vie »
vendredi, février 23, 2018
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Zoé Simpson : « J’étais en train de passer à côté de ma vie »

Au terme d’un showcase en appartement privé organisé par la chanteuse, Actumédias a pu interroger la chanteuse Zoé Simpson, qui sortira le 2 février prochain son premier album, « Femmes debout ». Une compilation de textes émouvants, éclectiques, qui interpellent sur la place de la gente féminine dans la société actuelle.

 

Il faut souvent du cran pour tout plaquer afin de poursuivre ses rêves ! Et à la voir toute souriante, déchaînée même presque parfois sur scène, Zoé Simpson ne regrette pas d’avoir mis fin à son travail dans le domaine de la psychologie, pour se consacrer à la réalisation de son premier album solo, « Femmes debout ». Un titre engagé, comme sa chanteuse, où se racontent plusieurs femmes, tantôt ivre de passion, débordante de bonheur ou au contraire désabusées par la vie. On parle ainsi d’une Iphigénie sacrifiée, d’une Ophélie amoureuse, ou même de Gabriela Andersen-Schiess, l’athlète suisse qui avait marqué les J.O de 1984 de par son incroyable abnégation au terme du marathon.

Et c’est au cours d’une balade pas comme les autres qui nous a mené dans un appartement du nord parisien que Zoé Simpson, accompagnée d’Arnaud Hipsta et Malcom Crespin, nous a fait découvrir plusieurs titres de ce projet.Entretien.

ActuMédias : Bonjour Zoé, ceux qui te connaissent ont plutôt l’habitude de te voir sur scène ! Et pour cause tu as vécu une belle aventure avec ton spectacle, Les Valseuses, en compagnie de Laure Legoff et Marianne Cadic. Est-ce que, pour ceux qui ne t’auraient pas vu, tu pourrais nous rappeler un peu l’histoire de la pièce ?

Zoé Simpson : En effet c’était un spectacle que nous avons mis en place jusqu’en 2011, c’était avant que je commence même l’écriture de mon album. Les Valseuses, ce n’était pas vraiment une pièce, c’était de la chanson théâtrale. L’idée c’était de mélanger les sketchs et la chanson. On s’est bien marré oui !

Et donc depuis 6 ans, tu t’es consacrée à la réalisation de ton premier album, qui sortira le 2 février…

Z.S : Le parcours a été long ! Je travaillais encore en entreprise quand j’ai commencé, puis à un moment il y a eu un déclic, avec cette chanson qui s’appelle « J’avais des rêves », qui m’a fait comprendre que j’étais en train de passer à côté de ma vie. Après il a fallu que je trouve où j’allais dans ce projet, c’était la première fois que je travaillais vraiment toute seule, vocalement je me connaissais seulement avec deux autres voix à mes côtés (sourire), donc j’ai dû m’adapter ! Mais bon, avoir travaillé dans la psychologie m’a bien aidé pour réaliser ces portraits de femmes.

Zoé Simpson, mi-janvier, lors d'un concert privé

Il y a aussi Malcom Crespin qui t’a aidé à mettre tout cela en musique !

Z.S : Oui, à partir de 2015, où on est vraiment rentré dans ce travail autour de l’album. Le projet avait une couleur, et il y a eu les attentats en novembre. Moi j’avais perdu ma mère la veille, et tout cela a occasionné un tel choc que tout le projet musical a changé et il a fallu tout réorganiser dans ce que j’écrivais, j’ai enlevé pas mal de chansons et j’en ai écrit des nouvelles, parce qu’il y avait trop de choses en mouvement à l’intérieur de moi.

Sur scène tu te disais « pas chanteuse mais professionnelle »… comment tu en es venue à la musique ?

Z.S : Moi en fait je suis venue aux arts par le théâtre, c’est mon premier appel de la scène (rires) ! J’ai commencé enfant.

Et pour cause, ton grand père a cofondé le festival d’Avignon…

Z.S : En effet ! Il bossait avec Jean Vilar, et c’est lui qui a découvert le palais des papes, par exemple. Il en a parlé à Vilar, et ils ont créé ce festival. Donc je baigne dans le monde artistique depuis petite !

Tes parents  aussi t’ont inculqué cette passion ?

Z.S : Oui ! Mon père est peintre, et ma mère était sage-femme, une autre forme d’art (rire) !

Comme lors des Valseuses, tu parles d’un sujet qui te tient à cœur, les femmes, toutes les femmes, celles qui aiment, qui pardonnent, qui souffrent, et celle qui crient leur liberté. Avec tous ces scandales consécutifs à l’affaire Weinstein, ton album a une résonnance toute particulière !

Z.S : C’est ce que je me disais il y a peu ! Ça fait longtemps que je travaille sur l’album et au moment où je le sors il y a une prise de conscience collective dans le monde entier, autour du harcèlement et autre ! C’est bien ! Il y a encore du boulot, mais ça commence à bouger. Et puis ça tombe en même temps que le drame des femmes en Syrie, un autre sujet qui me touche énormément. Toute l’actualité, en général, nous donne l’impression que les choses changent, et que les femmes, mais aussi les hommes vont s’engager plus en faveur des causes dramatiques qui touchent encore des milliers de femmes dans le monde.

Artistiquement ce thème t’inspire beaucoup, puisque tu en parlais déjà dans Les Valseuses…

Z.S : Moi c’est ça qui m’inspire oui. Je ne pourrais pas vous dire pourquoi, peut-être parce que ma mère était sage-femme et que du coup je suis dans un univers de gonzesse depuis toujours (rires) ! Mais c’est vrai que c’est un sujet qui m’attire et sur lequel je reviens souvent.

Justement, toutes ces affaires t’ont donné d’autres idées, en vue d’un nouveau projet ?

Z.S : Non pas particulièrement. Si j’ai été touché par le sort des femmes syriennes, dont je parle dans ma chanson sur Iphigénie, je n’ai pas eu non plus un gain d’inspiration par rapport à l’affaire Weinstein, puisque j’étais déjà plongée dedans avant. J’ai juste eu une soupir de soulagement, de voir que ça bougeait, même s’il faut voir ce que ça va donner.

Tu t’es inspiré de femmes que tu as connues, dans des histoires souvent difficiles, le style de l’album (pop/electro) t’attirait à la base, ou tu y est allé parce que c’était plus adapté pour raconter ces histoires telles que tu voulais le faire ?

Z.S : L’album est pas mal chanté aussi ! Moi j’aime beaucoup ce style, ça me parle beaucoup, même si j’aime aussi la chanson traditionnelle. Chaque morceau appelle à un style différent, et ça c’est le travail de Malcom, qui arrive toujours à habiller la musique comme il le faut. Donc le style s’adapte à la chanson, effectivement.

Et pourquoi Zoé Simpson et pas Zoé Coussonneau, ton vrai nom ?

Z.S : En fait je cherchais un nom d’artiste, et Simpson c’est le nom de ma grand-mère, qui était anglaise. C’est elle qui m’a fait aimer la littérature, c’est par elle que j’ai découvert ça, et j’avais envie de lui rendre hommage. Tout simplement parce que l’amour des mots que je mets dans mes chansons, ça vient de là, de ce goût qu’elle m’a donné.

Enfin, dis-nous tout, est ce que tu as prévu d’autres lives ?

Z.S : Je suis en train d’organiser un vrai, beau concert de sortie d’album, mais la date n’est pas encore calée. Sinon, à partir du mois d’avril/mai, on va organiser une tournée de concerts d’appartement dans toute la France !

Propos recueillis par Vincent Roussel

Crédits photos : Vincent Roussel 

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