mercredi, avril 25, 2018
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Spectacle : Jésus soulève toujours les foules

Alors que la  fresque musicale « Jésus », qui se joue au Palais des sports de Paris depuis le 17 octobre, va bientôt entamer sa tournée dans l’hexagone, nous avons pu assister à l’une des représentations de la troupe emmenée par Mike Massy. Une performance globalement réussie.

 

Il n’en était pas à son coup d’essai. Que ce soit dans sa discographie (D’un Ave Maria, notamment), ou dans ses précédentes expériences scéniques (les Dix Commandements en 2000, Adam et Eve en 2010), Pascal Obispo s’était déjà frotté à maintes reprises aux grandes épopées bibliques, et à la religion. Alors parler de Jésus n’était que la suite logique du cheminement réalisé par le natif de Bergerac.

Jésus et ses apôtres

Dans cette « fresque musicale » consacrée au Christ, le compositeur de la bande originale rappelle pourtant qu’on ne « parle absolument pas de religion. On s’est attaché à replonger dans sa vie. On verra aussi que ce garçon était plutôt moderne et qu’il a voulu aider son prochain, bouger les lignes comme peuvent le faire toutes les personnes qui travaillent aujourd’hui dans les associations de toutes sortes », comme il l’exprimait dans les colonnes d’Infos-Dijon. Un sujet tout aussi important et récurrent chez ce membre des Enfoirés depuis plus de 15 ans.

Pas de surprise à prévoir, donc, si vous êtes déjà allé voir Obispo, dont les sonorités et la touche musicale donne un nouveau sens dramatique au parcours de Jésus dans les dernières années de sa vie, sans verser dans le pathos comme le blockbuster américain « La Passion du Christ » avait pu le faire (la crucifiction de Jésus n’est ainsi qu’évoquée)- ce qui ne l’a pas empêché de recevoir des lettres de menaces.

C’est un Christ tourmenté, concernant sa résistance à la tentation et au Mal lors de son Jeun dans le désert, sa peur face à la mort, qui est interprété par le chanteur libanais Mike Massy dans le spectacle. Le doute et l’angoisse sont aussi exposés via Marie, campée par Anne Sila ou Marie-Madeleine (Crys Nammour). Mais c’est bien le ralliement à Jésus par ses apôtres,  son parcours jusqu’à Jérusalem et la trahison de Judas qui constituent le gros du spectacle.

Un show aux chorégraphies réussies (hors scènes de combat), et dont l’orchestration par Christophe Barratier a permis de dynamiser un récit sans temps mort, ou presque. Les décors bougent peu mais sont colossaux, et les effets visuels rendent aussi très bien, sur la scène impressionnante du palais des Sports de Paris, à la Porte de Versailles. Il faudra voir comment la troupe s’adaptera sur les scènes changeantes du reste de l’Hexagone.

La crucifixion de Jésus est évoquée, mais pas montrée

On en parlait tout à l’heure, mais les personnages sont généralement très performants quand arrive leur partition. Notamment Marie et Marie Madeleine, les deux personnages féminins principaux, dont les deux morceaux en solo sont réussis. Les textes de Victor Sabot, Didier Golemanas et Pierre-Yves Lebert permettent aussi une compréhension facile des enjeux.

Ponce Pilate (Solal), est paradoxalement le personnage le plus réussi ! Le côté grand méchant qui lui est donné par les paroles et la mise en scène en font le personnage qu’on adore détester. Même pas méchant finalement puisque lui-même se questionne sur le bien-fondé de son action à l’encontre de Jésus.

Rajoutez-y un Caïphe lui aussi détestable, et ses deux sbires, touche comique du show, qui rappelle le duo Dupont et Dupont par ses maladresses et sa couardise, et vous voici avec le spectacle parfait pour les familles. Et bien qu’aller voir le récit de la mort de Jésus en pleine période de célébration de sa naissance semble paradoxale, nous vous le recommandons fortement !

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