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Interview avec un auteur à l’imagination débordante Benjamin Oppert !

Djazia Benhabilés : Bonjour Benjamin Oppert, bienvenue à vous sur Actumedias.fr  , vous revenez avec une nouvelle Pièce après « Les Tentations » : « Avant – Pendant – Après » se joue à Paris au Théatre de Nesle, pourriez vous nous faire un court résumé sur le sujet ?

Benjamin Oppert : Quatre situations, quatre tranches de vie. Dans la salle d’attente d’un médecin, dans une église, après un accident de la route, pendant une tournée théâtrale. On attend que quelque chose se passe et en attendant, eh bien… quelque chose se passe. Et c’est la cascade de réactions et l’effet-papillon autour d’une dizaine de personnages. Il y a un personnage récurrent dans chacune des scènes et un individu mystérieux qui les relie et dont on découvre l’identité à la fin. Ce sont ces petits moments de la vie qui donnent à nos existences une saveur particulière. C’est de la légèreté assumée dans ce contexte de Monde chaud bouillant. Je n’ai jamais écrit quelque chose d’aussi léger. D’habitude, j’aime bien faire passer des messages de fond mais là rien ! La mise en scène est de IDRISS. Il joue aussi. Ses partenaires sont Anne Barthel, Céline Bellanger, Serge Martinez et Alexandre Triaca.

Djazia Benhabilés : vous êtes bien évidemment l’auteur de la Pièce mais d’où vous est venue l’idée de l’histoire ?

Benjamin Oppert : Chaque situation s’inspire d’un petit élément de vécu. La scène de l’église par exemple : j’étais en résidence à la Maison des écritures de la scène à Saint-Antoine-l’Abbaye, près de Grenoble, un village médiéval magnifique qui a gardé toute son authenticité. J’étais en train d’admirer, émerveillé, l’entrée de l’Abbaye, un trésor séculaire quand j’ai entendu à côté de moi deux femmes complètement absorbées par leurs problèmes de lave-vaisselle. Ce décalage m’a tout de suite plu et j’ai écrit dans la foulée.

Pour la scène de l’accident de voiture, j’étais au Centre d’Ecritures Dramatiques de Wallonie-Bruxelles. J’y étais allé en voiture pour 5 semaines de résidence quand j’ai eu un bête accident qui a failli me bousiller mon séjour. Un accrochage entre voitures qui a entraîné un attroupement autour de nous et l’arrivée de policiers. Pas de blessés mais il y avait des dégâts et c’était vraiment du comique de situation. J’avais un plan de travail mais cette histoire qui m’est tombée dessus m’a beaucoup inspiré alors j’ai décidé de prendre la tangente en suivant le fil.

Depuis, le texte de la Pièce fait son chemin. Les profs de l’Institut français de Londres l’ont donné à travailler à leur étudiants. Comme il y a beaucoup de jeux de mots, ça les aide à apprendre le français. L’Institut m’a invité pendant 3 jours pour venir parler de mon travail d’écriture. Je suis passé dans une dizaine de cours pour échanger avec les étudiants. J’ai adoré faire ça. Et quel accueil !… Je suis heureux de contribuer en quelque sorte à faire vivre la francophonie. Il y a aussi des compagnies de théâtre amateur qui s’y intéressent et c’est super.

Djazia Benhabilés : parlez nous de la Pièce « Les Tentations », quel accueil a reçu cette pièce ?

Benjamin Oppert : C’est le troisième metteur en scène qui la monte. C’est une Pièce qui revient tous les 4 ans et c’est vrai qu’elle n’a pas vieilli avec ses thèmes intemporels : le Théâtre, l’Amour et la Politique. En 2016, c’est Alexandre Triaca, assisté de Thaïs Herbreteau, qui l’a mise en scène et qui la joue avec Gaël Albespy, Henri Leguen et Alexandra Simon. Il y a eu une première mise en scène en 2008. C’est mon père qui jouait le rôle principal, dirigé par le grand Philippe Brigaud. En 2012, c’est une jeune compagnie qui l’a montée à sa façon. Le sujet continue de parler aux spectateurs : montrer, sur le ton d’une comédie romantique, comment le chemin est long et difficile pour basculer du personnage de composition, que chacun de nous porte en lui, au plus beau rôle : celui d’être enfin soi-même. La Pièce a été jouée une centaine de fois. Alors que le texte est toujours le même, c’est très intéressant de voir comment les trois metteurs en scène l’ont traité, chacun de manière très différente.

Djazia Benhabilés : avez vous d’autres projets d’écriture ?

Benjamin Oppert : Oui bien sûr, j’ai toujours quelque chose en cours et qui cogite. Je viens de terminer une nouvelle Pièce sur les thèmes de l’écriture et de la lecture. Une autre est bien avancée : elle parle à la fois de l’autisme et du revenu universel d’existence, un sujet qui fait débat depuis 400 ans et qui n’a jamais été porté au Théâtre.

J’ai collaboré récemment avec un groupe allemand, YUKAZU, dont la chanteuse, Lenuschka Krüger chante en français avec beaucoup de charme sur des mélodies enivrantes de Mike Hermann. YUKAZU a mis en musique plusieurs de mes textes sur son 2ème album, « Du bist nackt », qui vient de sortir en Allemagne. J’étais à Berlin pour le lancement et c’était très émouvant d’entendre et de voir les Allemandes et les Allemands se dandiner sur mes mots ! Je pense que YUKAZU pourrait séduire beaucoup de Français : des paroles françaises portées par un petit accent allemand charmant, le style de musique très dansant : gypsy pop, musique des Balkans,…

On m’a proposé aussi d’écrire plusieurs formats courts pour la télé, genre « Un gars une fille », « Caméra café ». Je suis en plein dedans.

Djazia Benhabilés : si je vous demandais de faire la promo de votre Pièce « Avant – Pendant – Après », vous diriez quoi aux abonnés d’Actumedias.fr pour leur donner envie de venir voir le spectacle ?

Benjamin Oppert : Ca détend, c’est sans prise de tête ! Les spectateurs passent visiblement un bon moment, les critiques de presse sont bonnes. C’est un divertissement avant tout. Ca convient bien aux fêtes de Noël. Et puis le metteur en scène et les comédiens sont très sympa. L’auteur aussi. Et puis on peut discuter avec eux à la sortie.

Propos recueillis Djazia Benhabilés

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Associé et Fondateur actumedias.fr

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